Publié le 14 septembre 2026 Mis à jour le 26 août 2026

En France, les taux de mortalité peuvent varier du simple au double selon les territoires. Dans certaines communes rurales du Nord, du Grand Est, ou du Massif central, la mortalité est nettement plus élevée que la moyenne nationale. Ces écarts ne s'expliquent pas uniquement par l'accès aux soins. Ils sont aussi le reflet de conditions de vie et d'environnements très différents.

Les habitant·es des territoires ruraux présentent globalement des indicateurs de santé moins favorables que ceux des grandes villes. Mais derrière ces écarts se cachent des situations très diverses selon les territoires.

En France, les taux de mortalité peuvent varier du simple au double selon les territoires. Dans certaines communes rurales du Nord, du Grand Est, ou du Massif central, la mortalité est nettement plus élevée que la moyenne nationale. Ces écarts ne s'expliquent pas uniquement par l'accès aux soins. Ils sont aussi le reflet de conditions de vie et d'environnements très différents.

L'image d'une campagne synonyme de nature et de qualité de vie masque des réalités plus complexes. Dans de nombreux territoires ruraux, les habitant·es sont confronté·es à plusieurs fragilités : vieillissement de la population, éloignement des services, dépendance à la voiture, niveaux de vie plus faibles ou encore accès limité à la prévention.

Des facteurs de risques spécifiques

Ces contraintes influencent la santé au quotidien. Elles peuvent favoriser certaines maladies chroniques ou certains comportements à risque liés à l'alimentation, au tabac ou à l'alcool. À cela s'ajoutent des expositions spécifiques selon les contextes locaux : pesticides dans certains espaces agricoles, pollutions liées aux activités industrielles ou aux infrastructures de transport, risques professionnels particuliers.

Aucun de ces facteurs ne suffit à lui seul à expliquer les écarts observés. C'est leur accumulation qui produit des situations de vulnérabilité plus ou moins importantes selon les territoires et les populations concernées.

Une ruralité, des réalités

Parler de « la » ruralité n'a pourtant guère de sens. Entre une petite ville post-minière, comme Saint-Eloy-les-Mines dans le Puy-de-Dôme, une commune littorale attractive comme Plouha dans les Côtes d’Armor, un bourg rural en déclin démographique comme Tarascon sur Ariège ou un hameau de montagne isolé, comme le Mas Soubeyran dans les Cévennes, les conditions de vie diffèrent fortement.

Certains territoires ruraux affichent des indicateurs sanitaires et socio-économiques favorables. D'autres concentrent plusieurs difficultés : précarité, isolement, faible accès aux services ou aux soins. Chaque territoire combine donc ses propres facteurs de risque et ses propres ressources.


Face à cette double complexité, de diversité des situations rurales et des multiples facteurs de risque, les auteur·es mettent en lumière la nécessité des approches sur mesure, dans le cadre de la territorialisation des politiques publiques de promotion de la santé : adapter les actions de santé aux réalités de chaque territoire. Améliorer l’environnement de vie (mobilité, aménagements, services) est nécessaire, mais insuffisant. Il faut aussi agir sur les déterminants sociaux de la santé et sur les habitudes de vie des populations.

Construire des réponses adaptées

La diversité des territoires ruraux invite à dépasser les réponses uniformes. Les politiques de promotion de la santé gagnent à être construites à l'échelle locale, en tenant compte des spécificités sociales, économiques et environnementales de chaque territoire.

Dans de nombreuses collectivités rurales, à l’instar de la communauté de communes du Bocage Bourbonnais ou du syndicat mixte pour l’aménagement et le développement des Combrailles, des actions sont ainsi développées pour intégrer les enjeux de santé dans les politiques locales et coordonner les dispositifs. Ces initiatives montrent qu'il est possible d'agir simultanément sur les environnements de vie et sur les comportements de santé.

La réduction des inégalités sociales et territoriales de santé en milieu rural passe ainsi moins par des solutions standardisées que par des réponses adaptées à la diversité des territoires.

Partenaires :

Pour en savoir plus :

Yohan Fayet, Hélène Mainet, Garance Daumont. Fragilités et enjeux de santé spécifiques des territoires ruraux français. La santé en action, 2026, Vers des ruralités favorables à la santé, 472, pp.8-9. ⟨hal-05590237⟩

Texte rédigé par Garance Daumont (UMR Territoires[1]) doctorante en Géographie, dont le sujet est « Promouvoir des environnements et des comportements favorables à la santé dans les territoires ruraux fragiles : enjeux, ressources, actions collectives » sous la direction d’Hélène Mainet (Professeure en Aménagement de l’espace, UMR Territoires, UCA) et de Yohan Fayet (Professeur junior en Géographie, UMR Territoires, UCA).


[1] UCA / INRAE / VetAgroSup / AgroParisTech.